Récemment, j'ai eu l'occasion de visionner le célèbre film de François Truffaut, "Fahrenheit 451" (adapté du livre de même nom, écrit par Rad Bradbury), sorti en 1966. Un coup de foudre ! Tenue en haleine jusqu'au bout avec en permanence la soif de connaître la suite et la fin... Bref, c'est un chef d'oeuvre que je vous recommande vivement, même s'il date et que l'histoire est terrible, dure et violente, moralement parlant. En effet, cela raconte l'interdiction de lectures et la destruction de livres dans une société dystopique (voir synopsis du film sur Wikipédia).
Mais c'est aussi et surtout à travers ce film que je me suis rappelée les pouvoirs magiques de la lecture en général.
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dimanche 9 mars 2014
dimanche 9 février 2014
Sourd = débile ? Un exemple : moi et le TV / cinéma...
Quand j'étais petite, je croyais
... que les films racontaient tous des histoires vraies avec des personnages qui ont toujours existé, même si c'était de la science-fiction (Tintin a donc vraiment existé, pas seulement en BD).
... que les couleurs n'existaient pas à l'époque où les films en noir et blanc ont été tournés (imaginons une Terre en noir et blanc...).
... que les films racontaient tous des histoires vraies avec des personnages qui ont toujours existé, même si c'était de la science-fiction (Tintin a donc vraiment existé, pas seulement en BD).
... que les couleurs n'existaient pas à l'époque où les films en noir et blanc ont été tournés (imaginons une Terre en noir et blanc...).
mardi 14 janvier 2014
Spéciale dédicace 2014 : le cancer... et les sourds ?
dimanche 6 octobre 2013
Merde, il n'y a pas que la surdité dans la vie...!
Je constate sur certains blogs de personnes sourdes que la surdité est au cœur de tous les débats abordés.
Dès qu’elles ont une histoire à raconter, hop, elles y rentrent le sujet de la surdité comme s’il était indispensable.
Dès qu’elles ont une histoire à raconter, hop, elles y rentrent le sujet de la surdité comme s’il était indispensable.
lundi 24 juin 2013
jeudi 23 mai 2013
mardi 26 mars 2013
Stéréotypes autour de la surdité (n° 1)
Sur ce blog s'ouvre un nouveau chapitre : les stéréotypes. Nous commençons par aborder ceux que nous trouvons autour de la surdité.
En voici quelques-uns :
1 – La surdité est une maladie contagieuse.
FAUX. Vous pouvez très bien embrasser une personne sourde, que ce soit sur la joue ou sur la bouche, ou même faire l’amour avec elle, vous ne deviendrez pas sourd(e), c’est sûr et certain ! (rires...)
Par ailleurs, la surdité n’est pas une maladie et ne se soigne pas avec des médicaments.
En voici quelques-uns :
1 – La surdité est une maladie contagieuse.
FAUX. Vous pouvez très bien embrasser une personne sourde, que ce soit sur la joue ou sur la bouche, ou même faire l’amour avec elle, vous ne deviendrez pas sourd(e), c’est sûr et certain ! (rires...)
Par ailleurs, la surdité n’est pas une maladie et ne se soigne pas avec des médicaments.
vendredi 18 janvier 2013
C'est grave, Docteur ? Un dialogue de sourds...
Avec un médecin spécialisé dans le domaine de la surdité
Lui (en signouillant) – Je débute en LSF, n’hésitez pas à m’apprendre des signes ou à me corriger si je fais des erreurs ; comme cela grâce à vous et aux autres patients sourds que je reçois, je pourrai progresser. Il est pour moi très important que les sourds utilisent la LSF dès leur plus jeune âge et donc que nous sachions la pratiquer pour communiquer avec eux.
Moi (en oralisant) – Donc, dans quelle langue souhaitez-vous que je m’exprime avec vous ?
Lui (en riant et en signouillant) – Ben… devinez !
Moi, hésitante après un temps mort (en oralisant) – Euh, je n’en sais rien… En LSF ?
Lui (en signouillant) – Mais non ! Je préfère que vous parliez, c’est logique !
No comment... o_0
Lui (en signouillant) – Je débute en LSF, n’hésitez pas à m’apprendre des signes ou à me corriger si je fais des erreurs ; comme cela grâce à vous et aux autres patients sourds que je reçois, je pourrai progresser. Il est pour moi très important que les sourds utilisent la LSF dès leur plus jeune âge et donc que nous sachions la pratiquer pour communiquer avec eux.
Moi (en oralisant) – Donc, dans quelle langue souhaitez-vous que je m’exprime avec vous ?
Lui (en riant et en signouillant) – Ben… devinez !
Moi, hésitante après un temps mort (en oralisant) – Euh, je n’en sais rien… En LSF ?
Lui (en signouillant) – Mais non ! Je préfère que vous parliez, c’est logique !
No comment... o_0
vendredi 14 décembre 2012
Ma première rencontre avec les sourds oralistes non signants
Deuxième année de fac. J'avais 20 ans.
J’ai été invitée à une soirée de bienvenue organisée par l’association des étudiants sourds qui avait accepté de me prendre en charge à l’époque. En arrivant, je devins timide, je ne connaissais personne. Pire, les gens avaient l’air de bien se connaître depuis perpète.
Nous nous rendîmes dans une salle où un cocktail dînatoire nous attendait. Des clans commençaient à se former : d’un côté des sourds oralisés qui codaient*, de l’autre des sourds qui signaient, et plus loin les membres du CA de l’association… J’étais devant un dilemme : vers quel groupe de sourds aller voir ? Les LPCistes* (que des filles) ou les signeurs (des garçons en majorité) ? « Bon, faisons simple, je vais commencer la soirée avec les LPCistes et la terminer avec les signeurs » me disais-je.
J’ai été invitée à une soirée de bienvenue organisée par l’association des étudiants sourds qui avait accepté de me prendre en charge à l’époque. En arrivant, je devins timide, je ne connaissais personne. Pire, les gens avaient l’air de bien se connaître depuis perpète.
Nous nous rendîmes dans une salle où un cocktail dînatoire nous attendait. Des clans commençaient à se former : d’un côté des sourds oralisés qui codaient*, de l’autre des sourds qui signaient, et plus loin les membres du CA de l’association… J’étais devant un dilemme : vers quel groupe de sourds aller voir ? Les LPCistes* (que des filles) ou les signeurs (des garçons en majorité) ? « Bon, faisons simple, je vais commencer la soirée avec les LPCistes et la terminer avec les signeurs » me disais-je.
dimanche 4 novembre 2012
Tricentenaire de la naissance de l'Abbé de l'Epée
![]() |
| Crédits FNSF - www.fnsf.org/300ans |
De nombreuses manifestations sont organisées dans plusieurs villes de France mais je ne vais citer que celles qui sont accessibles aux entendants sur Paris car il y en a déjà beaucoup.
Elles ont commencé en septembre dernier mais c'est le mois de novembre, anniversaire de la naissance de l'Abbé de l'Epée (24 novembre 1712), qui est le plus chargé.
Charles-Michel de l'Espée, dit l'Abbé de l'Epée (1712 - 1789)
Un peu de culture sourde pour les entendants :)
"Mais c'est qui, cuilà ?", me demanderiez-vous.
Un grand homme pour la communauté sourde, en particulier pour les sourds qui pratiquent la LSF.
Non, ce n'est pas lui qui a inventé la LSF. Les langues signées (LS) existaient déjà depuis la Préhistoire mais faute d'être transcrites, elles n'étaient ni enseignées ni utilisées à l'école. Charles-Michel de l'Espée créa la première école gratuite pour permettre aux sourds défavorisés d'apprendre à lire et à écrire et de recevoir une instruction religieuse. Cette école deviendra plus tard l'INJS Saint-Jacques, situé au 254 rue Saint-Jacques à Paris. Un lieu hautement symbolique pour la communauté sourde.
Grâce à des soeurs jumelles sourdes qui communiquaient entre elles en LS, il eut l'idée d'introduire dans l'enseignement un "langage de signes méthodique", basé sur des gestes de LS associés à des signes grammaticaux de son invention. Cette démarche qui permettait aux élèves sourds de s'approprier les savoirs autrement que par la langue orale, plus difficile d'accès, se développa ensuite au delà des frontières de la France métropolitaine... jusqu'au Congrès de Milan en 1880 qui misa sur l'oralisme au détriment des LS. En France, l'interdiction de recourir à la LSF en classe fut officiellement levée en 1991 grâce à la Loi Fabius qui conduisit plus tard à la reconnaissance de cette langue avec la Loi du 11 février 2005. Une bataille de longue haleine pour les locuteurs sourds natifs de la LSF !
Mais pendant son interdiction d'usage en France, la LSF put être importée et utilsée dans d'autres pays.
Le regroupement des sourds et l'émergence de métiers autour de la langue (professeur de LS, interprète, traducteur, chansigneur...) permirent son développement et son perfectionnement. Désormais, des écoles dites bilingues (français / LS) commencent à se mettre en place en France et dans le monde. Même des compagnies théâtrales ou des chanteurs anonymes s'inspirent des figures de LS pour leurs propres créations !
Reconnu par l'Assemblée Nationale en 1791 comme bienfaiteur de l'humanité, l'Abbé de l'Epée permit aux sourds de bénéficier des Droits de l'Homme et donc de devenir des citoyens à part entière. Désormais, son corps repose en l'église Saint-Roch, 284 rue Saint-Honoré à Paris.
Sans lui, la LSF serait déjà enterrée depuis belle lurette, la communauté sourde et sa culture avec.
Mes hommages.
"Mais c'est qui, cuilà ?", me demanderiez-vous.
Un grand homme pour la communauté sourde, en particulier pour les sourds qui pratiquent la LSF.
Non, ce n'est pas lui qui a inventé la LSF. Les langues signées (LS) existaient déjà depuis la Préhistoire mais faute d'être transcrites, elles n'étaient ni enseignées ni utilisées à l'école. Charles-Michel de l'Espée créa la première école gratuite pour permettre aux sourds défavorisés d'apprendre à lire et à écrire et de recevoir une instruction religieuse. Cette école deviendra plus tard l'INJS Saint-Jacques, situé au 254 rue Saint-Jacques à Paris. Un lieu hautement symbolique pour la communauté sourde.
Grâce à des soeurs jumelles sourdes qui communiquaient entre elles en LS, il eut l'idée d'introduire dans l'enseignement un "langage de signes méthodique", basé sur des gestes de LS associés à des signes grammaticaux de son invention. Cette démarche qui permettait aux élèves sourds de s'approprier les savoirs autrement que par la langue orale, plus difficile d'accès, se développa ensuite au delà des frontières de la France métropolitaine... jusqu'au Congrès de Milan en 1880 qui misa sur l'oralisme au détriment des LS. En France, l'interdiction de recourir à la LSF en classe fut officiellement levée en 1991 grâce à la Loi Fabius qui conduisit plus tard à la reconnaissance de cette langue avec la Loi du 11 février 2005. Une bataille de longue haleine pour les locuteurs sourds natifs de la LSF !
Mais pendant son interdiction d'usage en France, la LSF put être importée et utilsée dans d'autres pays.
Le regroupement des sourds et l'émergence de métiers autour de la langue (professeur de LS, interprète, traducteur, chansigneur...) permirent son développement et son perfectionnement. Désormais, des écoles dites bilingues (français / LS) commencent à se mettre en place en France et dans le monde. Même des compagnies théâtrales ou des chanteurs anonymes s'inspirent des figures de LS pour leurs propres créations !
Reconnu par l'Assemblée Nationale en 1791 comme bienfaiteur de l'humanité, l'Abbé de l'Epée permit aux sourds de bénéficier des Droits de l'Homme et donc de devenir des citoyens à part entière. Désormais, son corps repose en l'église Saint-Roch, 284 rue Saint-Honoré à Paris.
Sans lui, la LSF serait déjà enterrée depuis belle lurette, la communauté sourde et sa culture avec.
Mes hommages.
vendredi 20 juillet 2012
La surdité et l'implant cochléaire, vus par un devenu-sourd...
Pour une fois que ce n'est pas un sourd de naissance qui aborde le sujet...
Voici l'excellent article qui explique le point de vue d'un devenu-sourd sur la surdité et l'implant cochléaire : "Pourquoi les sourds veulent-ils rester sourds ?" (Rue89, publié le 9 juillet 2012).
Rien à ajouter, il résume parfaitement ma pensée :)
Voici l'excellent article qui explique le point de vue d'un devenu-sourd sur la surdité et l'implant cochléaire : "Pourquoi les sourds veulent-ils rester sourds ?" (Rue89, publié le 9 juillet 2012).
Rien à ajouter, il résume parfaitement ma pensée :)
samedi 23 juin 2012
Ma vie de sourde : les aléas de la lecture labiale
La lecture labiale, pour un sourd profond, n'est pas chose aisée - même lorsqu'il est appareillé -, c'est très connu.
Mais les valides (ou les entendants, de manière générale) pensent sys-té-ma-ti-que-ment que la lecture labiale résout tous les problèmes de communication, ce qui n'est pas forcément le cas.
Pour vous donner une idée de ce que représente la lecture labiale, essayez de lire les lignes dans le texte suivant :
Pour vous donner une idée de ce que les sourds peuvent ressentir quand on leur demande s'ils pratiquent la lecture labiale (qui apporte plus de confort à l'entendant et plus d'effort au sourd) :
Voilà pourquoi je suis souvent agacée lorsqu'on me demande si je parle, si j'oralise, si j'entends un peu, si je lis sur les lèvres, etc... et vous, savez-vous signer* un peu ?
Et toc ! ;)
*[MAJ] signer = pratiquer la Langue des Signes
Mais les valides (ou les entendants, de manière générale) pensent sys-té-ma-ti-que-ment que la lecture labiale résout tous les problèmes de communication, ce qui n'est pas forcément le cas.
Pour vous donner une idée de ce que représente la lecture labiale, essayez de lire les lignes dans le texte suivant :
Pour vous donner une idée de ce que les sourds peuvent ressentir quand on leur demande s'ils pratiquent la lecture labiale (qui apporte plus de confort à l'entendant et plus d'effort au sourd) :
Voilà pourquoi je suis souvent agacée lorsqu'on me demande si je parle, si j'oralise, si j'entends un peu, si je lis sur les lèvres, etc... et vous, savez-vous signer* un peu ?
Et toc ! ;)
*[MAJ] signer = pratiquer la Langue des Signes
lundi 21 mai 2012
Lettre ouverte aux "entendants" qui rejettent la LSF
Avertissement
Attention, cette lettre s’adresse aux entendants qui sont mal à l’aise avec les sourds qui pratiquent la LSF, qui les rejettent, qui font tout pour qu'ils leur ressemblent.
Attention, cette lettre s’adresse aux entendants qui sont mal à l’aise avec les sourds qui pratiquent la LSF, qui les rejettent, qui font tout pour qu'ils leur ressemblent.
Allez, c'est parti !
Qu’attendez-vous des sourds ? Dites-le sans tourner autour du pot, sans faire de vagues, sans les faire tourner en bourriques.
Quelques réponses plausibles...
samedi 28 avril 2012
Le témoignage poignant d'une maman d'enfant sourd
"Vincent mon amour sourd"... Comme ça sonne bien ! Moi qui suis assez poète et romantique, je ne suis pas restée insensible à cette déclaration faite par une mère à son enfant sourd.
Je vous invite à lire son témoignage en tant que mère, son combat quotidien pour que son fils Vincent soit traité comme tout autre enfant, quelle que soient ses différences. J'en avais presque les larmes aux yeux quand elle a pu lui expliquer en LSF, malgré ses trois ans et demie, pourquoi sa grand-mère maternelle était partie.
Très beau.
Je vous invite à lire son témoignage en tant que mère, son combat quotidien pour que son fils Vincent soit traité comme tout autre enfant, quelle que soient ses différences. J'en avais presque les larmes aux yeux quand elle a pu lui expliquer en LSF, malgré ses trois ans et demie, pourquoi sa grand-mère maternelle était partie.
Très beau.
jeudi 5 avril 2012
Ma vie de sourde : la parole vs la LSF...
"Comme tu parles bien, ce n’est pas la peine que j’apprenne la LSF..."
C’est une phrase que j’ai entendue bon nombre de fois depuis que je suis entrée dans la vie adulte. Ce n’est pas très sympa, c’est même humiliant et irrespectueux. Je ne tolère pas que l’on me dise cela.
« Pipiiii, toilettes où ? », « Faim, manger quand quand ? », « Voiture Maman là toi rentrer à la maison. A demain ! »… ces phrases produites en LSF en maternelle avec l'instit ou mes camarades, je me les remémore de temps en temps. Après vinrent l’apprentissage de la lecture et l’oralisation, tout s’est enchaîné et je suis devenue rapidement bilingue.
Mais cela ne veut pas pour autant dire que je n’ai plus besoin de la LSF, elle reste ma langue première, sur laquelle je me suis construite (surtout à l’école), il est hors de question de l’occulter.
Nous, les sourds, nous faisons au quotidien des efforts pour communiquer avec les entendants (en famille, à l’école, au travail, en voyage…) en oralisant / lisant sur les lèvres plus ou moins bien. Ce n’est pas évident pour un sourd profond de naissance d’apprendre à parler. Il fait beaucoup d'efforts, il serait bon de lui rendre la pareille ;-).
La LSF est une magnifique langue, aussi belle et riche que la langue française, pourquoi la dénigrer tant ? Avec ses dimensions gestuelle, visuelle et tactile, elle ressemble à une musique ou une danse de mains, à une chorégraphie théâtrale. Rien à voir avec les langues orales.
Un conseil : entraînez-vous à dire en gestes lorsqu’il y a un sourd dans votre entourage s’il pratique cette langue :
« Toi effort parler et lire sur les lèvres, moi bases LSF apprendre. Comme ça, toi souffler un peu et moi effort un peu plus pour toi » et votre relation ne peut que s’améliorer… et devenir complice peut-être ?
C’est une phrase que j’ai entendue bon nombre de fois depuis que je suis entrée dans la vie adulte. Ce n’est pas très sympa, c’est même humiliant et irrespectueux. Je ne tolère pas que l’on me dise cela.
« Pipiiii, toilettes où ? », « Faim, manger quand quand ? », « Voiture Maman là toi rentrer à la maison. A demain ! »… ces phrases produites en LSF en maternelle avec l'instit ou mes camarades, je me les remémore de temps en temps. Après vinrent l’apprentissage de la lecture et l’oralisation, tout s’est enchaîné et je suis devenue rapidement bilingue.
Mais cela ne veut pas pour autant dire que je n’ai plus besoin de la LSF, elle reste ma langue première, sur laquelle je me suis construite (surtout à l’école), il est hors de question de l’occulter.
Nous, les sourds, nous faisons au quotidien des efforts pour communiquer avec les entendants (en famille, à l’école, au travail, en voyage…) en oralisant / lisant sur les lèvres plus ou moins bien. Ce n’est pas évident pour un sourd profond de naissance d’apprendre à parler. Il fait beaucoup d'efforts, il serait bon de lui rendre la pareille ;-).
La LSF est une magnifique langue, aussi belle et riche que la langue française, pourquoi la dénigrer tant ? Avec ses dimensions gestuelle, visuelle et tactile, elle ressemble à une musique ou une danse de mains, à une chorégraphie théâtrale. Rien à voir avec les langues orales.
Un conseil : entraînez-vous à dire en gestes lorsqu’il y a un sourd dans votre entourage s’il pratique cette langue :
« Toi effort parler et lire sur les lèvres, moi bases LSF apprendre. Comme ça, toi souffler un peu et moi effort un peu plus pour toi » et votre relation ne peut que s’améliorer… et devenir complice peut-être ?
samedi 25 février 2012
Lumière !
Vous me demandez souvent pourquoi je n'ai pas de rideaux chez moi ou, lorsque j'en dispose, je ne m'en sers pas.
Pour m'exhiber devant les habitants des immeubles en vis-a-vis situés à 100 m de la ? Non pas du tout ! :D
Tout simplement parce que j'ai besoin d'un max de lumière pour lire sur les lèvres ou voir les mains des personnes présentes... Mes dimensions communicatives sont d'ordre visuel (mais aussi tactile).
J'en profite également pour admirer par la fenêtre le coucher du soleil en ete et le ciel lorsqu'il vire au rose-violet... ;-)
... Rideau !
Pour m'exhiber devant les habitants des immeubles en vis-a-vis situés à 100 m de la ? Non pas du tout ! :D
Tout simplement parce que j'ai besoin d'un max de lumière pour lire sur les lèvres ou voir les mains des personnes présentes... Mes dimensions communicatives sont d'ordre visuel (mais aussi tactile).
J'en profite également pour admirer par la fenêtre le coucher du soleil en ete et le ciel lorsqu'il vire au rose-violet... ;-)
... Rideau !
samedi 21 janvier 2012
Ma vie de sourde : en Cours Préparatoire...
| Ma classe de maternelle |
Sept élèves. Tables disposées en U face à l'instituteur.
Les élèves étaient placés au niveau des tables par ordre de taille, de manière à ce qu'ils puissent se voir les uns des autres sans se gêner. Comme j'étais la plus petite (et la plus jeune) de la classe, j'ai eu le privilège d'être placée à l'un des deux bouts de ce U, ce qui me permettait de tout voir : les élèves, le prof, le tableau.
C'était la première année où l'instituteur enseignait chez les sourds. Il ne pratiquait ni la LSF, ni autre chose. Il oralisait, c'est tout.
Lorsqu'il expliquait les leçons, mes camarades étaient souvent largués. Quand le prof avait le dos tourné, ils me demandaient ce qu'il disait. Je leur traduisais en LSF.
Un jour, j'ai été prise en flagrant délit par le prof. Mince. Il modifie l'emplacement des élèves et me demande de me mettre à la table située au milieu du U, pour "obliger" les autres à le regarder et à ne plus se retourner vers moi.
Mais le scénario reprenait chaque fois qu'il avait le dos tourné.
Un autre jour, j'ai à nouveau été prise en flagrant délit. Pire : j'essayais de le convaincre en lui expliquant que je traduisais en LSF ses leçons à mes camarades qui avaient du mal à suivre. Il ne voulait pas me croire. Il pensait que je ne faisais que le pitre (comme en récré, oui...) et que je cherchais à les déconcentrer. Peine perdue. Il détache ma table des autres et la place au fond de la classe, en dehors du champ visuel des élèves. Le prof criait après eux lorsqu'ils se retournaient vers moi. J'étais malheureuse pour eux. Et moi seule au fond de la classe, pas top...
Je m'ennuyais. Les exercices que le prof nous donnait étaient un peu trop faciles pour moi. Il m'apportait ceux de niveau CE1, évidemment plus difficiles.
Et l'année d'après, je suis partie en intégration.
Loin de mes camarades sourds et de la LSF.
samedi 17 décembre 2011
Rue89 : "Le discours de Bachelot traduit avec les pieds"
Tout est expliqué dans l'article.
Pour ma part, je pense que Mme Dubois, la députée qui s'est gentiment proposée pour traduire le discours de Mme Bachelot en LSF (ou du moins essayer...), n'est pas la plus à blâmer.
Je trouve honteux que le cabinet UMP de Mme Bachelot ait omis de réserver un interprète longtemps à l'avance alors qu'il l'avait fait pour le vélotypiste. Cherchez l'erreur...
Pour ma part, je pense que Mme Dubois, la députée qui s'est gentiment proposée pour traduire le discours de Mme Bachelot en LSF (ou du moins essayer...), n'est pas la plus à blâmer.
Je trouve honteux que le cabinet UMP de Mme Bachelot ait omis de réserver un interprète longtemps à l'avance alors qu'il l'avait fait pour le vélotypiste. Cherchez l'erreur...
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