Quand j'étais petite, je croyais
... que les films racontaient tous des histoires vraies avec des personnages qui ont toujours existé, même si c'était de la science-fiction (Tintin a donc vraiment existé, pas seulement en BD).
... que les couleurs n'existaient pas à l'époque où les films en noir et blanc ont été tournés (imaginons une Terre en noir et blanc...).
Affichage des articles dont le libellé est Handicap / surdité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Handicap / surdité. Afficher tous les articles
dimanche 9 février 2014
mardi 14 janvier 2014
Spéciale dédicace 2014 : le cancer... et les sourds ?
dimanche 24 novembre 2013
A quoi servent mes prothèses auditives ?
... à me protéger les oreilles du froid en ces temps-ci :D
En effet, en temps normal, je les porte rarement. Mais quand il fait froid, je suis bien contente de les porter (sans les allumer), rien que pour empêcher, grâce aux embouts, le vent de pénétrer dans le conduit auditif de mes z'oreilles... lol.
Fin du billet.
En effet, en temps normal, je les porte rarement. Mais quand il fait froid, je suis bien contente de les porter (sans les allumer), rien que pour empêcher, grâce aux embouts, le vent de pénétrer dans le conduit auditif de mes z'oreilles... lol.
Fin du billet.
dimanche 6 octobre 2013
Merde, il n'y a pas que la surdité dans la vie...!
Je constate sur certains blogs de personnes sourdes que la surdité est au cœur de tous les débats abordés.
Dès qu’elles ont une histoire à raconter, hop, elles y rentrent le sujet de la surdité comme s’il était indispensable.
Dès qu’elles ont une histoire à raconter, hop, elles y rentrent le sujet de la surdité comme s’il était indispensable.
lundi 24 juin 2013
jeudi 23 mai 2013
lundi 1 avril 2013
Le bonheur, c'est quoi ?
« J’aperçus une enfant, seule sur la plage, sans doute la fille de l’un des rares touristes à découvrir ce lieu. Elle avait peut-être cinq ou six ans. Munie d’un bâton, elle dessinait quelque chose sur le sable. Elle me vit approcher, et, lorsque j’arrivai à sa hauteur, elle me lança un rapide sourire, ne se détournant qu’une seconde de son ouvrage.
mardi 26 mars 2013
Stéréotypes autour de la surdité (n° 1)
Sur ce blog s'ouvre un nouveau chapitre : les stéréotypes. Nous commençons par aborder ceux que nous trouvons autour de la surdité.
En voici quelques-uns :
1 – La surdité est une maladie contagieuse.
FAUX. Vous pouvez très bien embrasser une personne sourde, que ce soit sur la joue ou sur la bouche, ou même faire l’amour avec elle, vous ne deviendrez pas sourd(e), c’est sûr et certain ! (rires...)
Par ailleurs, la surdité n’est pas une maladie et ne se soigne pas avec des médicaments.
En voici quelques-uns :
1 – La surdité est une maladie contagieuse.
FAUX. Vous pouvez très bien embrasser une personne sourde, que ce soit sur la joue ou sur la bouche, ou même faire l’amour avec elle, vous ne deviendrez pas sourd(e), c’est sûr et certain ! (rires...)
Par ailleurs, la surdité n’est pas une maladie et ne se soigne pas avec des médicaments.
dimanche 17 février 2013
L'enfant autiste ou le décodeur du langage animal
Au Salon du Cheval 2012, au rayon Librairie, mes yeux s’arrêtèrent avec beaucoup de curiosité sur un livre dont le titre subjuguait, de par son fond que par sa forme (il occupe la moitié de la 1ère page de couverture !) : « L’enfant-cheval » de Ruppert Isaacson.
« Un enfant qui se prend pour un cheval ? Un enfant qui a grandi entouré de chevaux ? Un enfant qui a le don de communiquer avec les chevaux ?… », me disais-je, amusée, moi-même passionnée d’équitation. Sur le moment, je n’avais pas vu le sous-titre, dont la couleur le rendait presque invisible sur le fond de la couverture du bouquin : « La quête d’un père pour guérir son fils autiste ». Intriguée et poussée par l’envie de découvrir le monde de l’autisme, je le pris aussitôt. Un témoignage qui fait 412 pages !
« Un enfant qui se prend pour un cheval ? Un enfant qui a grandi entouré de chevaux ? Un enfant qui a le don de communiquer avec les chevaux ?… », me disais-je, amusée, moi-même passionnée d’équitation. Sur le moment, je n’avais pas vu le sous-titre, dont la couleur le rendait presque invisible sur le fond de la couverture du bouquin : « La quête d’un père pour guérir son fils autiste ». Intriguée et poussée par l’envie de découvrir le monde de l’autisme, je le pris aussitôt. Un témoignage qui fait 412 pages !
vendredi 18 janvier 2013
C'est grave, Docteur ? Un dialogue de sourds...
Avec un médecin spécialisé dans le domaine de la surdité
Lui (en signouillant) – Je débute en LSF, n’hésitez pas à m’apprendre des signes ou à me corriger si je fais des erreurs ; comme cela grâce à vous et aux autres patients sourds que je reçois, je pourrai progresser. Il est pour moi très important que les sourds utilisent la LSF dès leur plus jeune âge et donc que nous sachions la pratiquer pour communiquer avec eux.
Moi (en oralisant) – Donc, dans quelle langue souhaitez-vous que je m’exprime avec vous ?
Lui (en riant et en signouillant) – Ben… devinez !
Moi, hésitante après un temps mort (en oralisant) – Euh, je n’en sais rien… En LSF ?
Lui (en signouillant) – Mais non ! Je préfère que vous parliez, c’est logique !
No comment... o_0
Lui (en signouillant) – Je débute en LSF, n’hésitez pas à m’apprendre des signes ou à me corriger si je fais des erreurs ; comme cela grâce à vous et aux autres patients sourds que je reçois, je pourrai progresser. Il est pour moi très important que les sourds utilisent la LSF dès leur plus jeune âge et donc que nous sachions la pratiquer pour communiquer avec eux.
Moi (en oralisant) – Donc, dans quelle langue souhaitez-vous que je m’exprime avec vous ?
Lui (en riant et en signouillant) – Ben… devinez !
Moi, hésitante après un temps mort (en oralisant) – Euh, je n’en sais rien… En LSF ?
Lui (en signouillant) – Mais non ! Je préfère que vous parliez, c’est logique !
No comment... o_0
dimanche 4 novembre 2012
Tricentenaire de la naissance de l'Abbé de l'Epée
![]() |
| Crédits FNSF - www.fnsf.org/300ans |
De nombreuses manifestations sont organisées dans plusieurs villes de France mais je ne vais citer que celles qui sont accessibles aux entendants sur Paris car il y en a déjà beaucoup.
Elles ont commencé en septembre dernier mais c'est le mois de novembre, anniversaire de la naissance de l'Abbé de l'Epée (24 novembre 1712), qui est le plus chargé.
Charles-Michel de l'Espée, dit l'Abbé de l'Epée (1712 - 1789)
Un peu de culture sourde pour les entendants :)
"Mais c'est qui, cuilà ?", me demanderiez-vous.
Un grand homme pour la communauté sourde, en particulier pour les sourds qui pratiquent la LSF.
Non, ce n'est pas lui qui a inventé la LSF. Les langues signées (LS) existaient déjà depuis la Préhistoire mais faute d'être transcrites, elles n'étaient ni enseignées ni utilisées à l'école. Charles-Michel de l'Espée créa la première école gratuite pour permettre aux sourds défavorisés d'apprendre à lire et à écrire et de recevoir une instruction religieuse. Cette école deviendra plus tard l'INJS Saint-Jacques, situé au 254 rue Saint-Jacques à Paris. Un lieu hautement symbolique pour la communauté sourde.
Grâce à des soeurs jumelles sourdes qui communiquaient entre elles en LS, il eut l'idée d'introduire dans l'enseignement un "langage de signes méthodique", basé sur des gestes de LS associés à des signes grammaticaux de son invention. Cette démarche qui permettait aux élèves sourds de s'approprier les savoirs autrement que par la langue orale, plus difficile d'accès, se développa ensuite au delà des frontières de la France métropolitaine... jusqu'au Congrès de Milan en 1880 qui misa sur l'oralisme au détriment des LS. En France, l'interdiction de recourir à la LSF en classe fut officiellement levée en 1991 grâce à la Loi Fabius qui conduisit plus tard à la reconnaissance de cette langue avec la Loi du 11 février 2005. Une bataille de longue haleine pour les locuteurs sourds natifs de la LSF !
Mais pendant son interdiction d'usage en France, la LSF put être importée et utilsée dans d'autres pays.
Le regroupement des sourds et l'émergence de métiers autour de la langue (professeur de LS, interprète, traducteur, chansigneur...) permirent son développement et son perfectionnement. Désormais, des écoles dites bilingues (français / LS) commencent à se mettre en place en France et dans le monde. Même des compagnies théâtrales ou des chanteurs anonymes s'inspirent des figures de LS pour leurs propres créations !
Reconnu par l'Assemblée Nationale en 1791 comme bienfaiteur de l'humanité, l'Abbé de l'Epée permit aux sourds de bénéficier des Droits de l'Homme et donc de devenir des citoyens à part entière. Désormais, son corps repose en l'église Saint-Roch, 284 rue Saint-Honoré à Paris.
Sans lui, la LSF serait déjà enterrée depuis belle lurette, la communauté sourde et sa culture avec.
Mes hommages.
"Mais c'est qui, cuilà ?", me demanderiez-vous.
Un grand homme pour la communauté sourde, en particulier pour les sourds qui pratiquent la LSF.
Non, ce n'est pas lui qui a inventé la LSF. Les langues signées (LS) existaient déjà depuis la Préhistoire mais faute d'être transcrites, elles n'étaient ni enseignées ni utilisées à l'école. Charles-Michel de l'Espée créa la première école gratuite pour permettre aux sourds défavorisés d'apprendre à lire et à écrire et de recevoir une instruction religieuse. Cette école deviendra plus tard l'INJS Saint-Jacques, situé au 254 rue Saint-Jacques à Paris. Un lieu hautement symbolique pour la communauté sourde.
Grâce à des soeurs jumelles sourdes qui communiquaient entre elles en LS, il eut l'idée d'introduire dans l'enseignement un "langage de signes méthodique", basé sur des gestes de LS associés à des signes grammaticaux de son invention. Cette démarche qui permettait aux élèves sourds de s'approprier les savoirs autrement que par la langue orale, plus difficile d'accès, se développa ensuite au delà des frontières de la France métropolitaine... jusqu'au Congrès de Milan en 1880 qui misa sur l'oralisme au détriment des LS. En France, l'interdiction de recourir à la LSF en classe fut officiellement levée en 1991 grâce à la Loi Fabius qui conduisit plus tard à la reconnaissance de cette langue avec la Loi du 11 février 2005. Une bataille de longue haleine pour les locuteurs sourds natifs de la LSF !
Mais pendant son interdiction d'usage en France, la LSF put être importée et utilsée dans d'autres pays.
Le regroupement des sourds et l'émergence de métiers autour de la langue (professeur de LS, interprète, traducteur, chansigneur...) permirent son développement et son perfectionnement. Désormais, des écoles dites bilingues (français / LS) commencent à se mettre en place en France et dans le monde. Même des compagnies théâtrales ou des chanteurs anonymes s'inspirent des figures de LS pour leurs propres créations !
Reconnu par l'Assemblée Nationale en 1791 comme bienfaiteur de l'humanité, l'Abbé de l'Epée permit aux sourds de bénéficier des Droits de l'Homme et donc de devenir des citoyens à part entière. Désormais, son corps repose en l'église Saint-Roch, 284 rue Saint-Honoré à Paris.
Sans lui, la LSF serait déjà enterrée depuis belle lurette, la communauté sourde et sa culture avec.
Mes hommages.
lundi 17 septembre 2012
"Mais tu peux écouter la musique ?"
Aaaaah cette éternelle question… Comme si pour les valides, entendre était indispensable juste pour pouvoir écouter la musique.
Bon sang, il n’y a pas que la musique dans la vie ! Et les yeux, ça sert à quoi ? Bon, ça, c’est une autre histoire, revenons à nos moutons.
Lasse qu’on me pose la question à tout bout de champ lorsque je fais la connaissance de nouvelles personnes, je me décide à livrer la réponse dans ce billet en espérant être plus tranquille après.
1 – Je vis très bien ma surdité, merci bien ! :) La musique n’est pour moi qu’accessoire. Je compense avec tout ce qui est visuel (spectacles, cinéma, lectures…), tactile (hammam, massages, LSF…) ou gustatif (cuisines du monde, restaurants…).
2 – Pour aller plus loin, si un sourd souhaite écouter de la musique, il utilise ce qu’on appelle des inducteurs magnétiques.
Ils se branchent sur le bidule qui transmet de la musique (instruments électroniques, lecteur CD, MP3, ordinateur…) et se posent au niveau des oreilles, près des prothèses auditives, réglées en T.
Ils transmettent le son de la musique aux prothèses sans bruit parasite. A ce moment-là, le sourd peut mettre le volume de la musique à fond sans déranger les personnes qui l’entourent (attention ! Il ne faut pas croire que les sourds perçoivent la musique aussi bien que les valides, cela dépend des degrés de surdité. Plus la surdité est profonde, moins de fréquences ils perçoivent).
Ecouter de la musique à fond tout en vivant dans le silence, c’est possible.
Un morceau de zik jamaïcaine, ça vous dit ? Allez, c’est parti… Mais pour 5-10 minutes, pas plus. En effet, au-delà, j'ai la tête qui tourne, car ça devient répétitif et c'est très désagréable.
Alors ne venez pas me chauffer les oreilles en me recausant zizik, un truc dont je n'ai ABSOLUMENT pas besoin pour vivre normalement. Merci ! ;)
Bon sang, il n’y a pas que la musique dans la vie ! Et les yeux, ça sert à quoi ? Bon, ça, c’est une autre histoire, revenons à nos moutons.
Lasse qu’on me pose la question à tout bout de champ lorsque je fais la connaissance de nouvelles personnes, je me décide à livrer la réponse dans ce billet en espérant être plus tranquille après.
1 – Je vis très bien ma surdité, merci bien ! :) La musique n’est pour moi qu’accessoire. Je compense avec tout ce qui est visuel (spectacles, cinéma, lectures…), tactile (hammam, massages, LSF…) ou gustatif (cuisines du monde, restaurants…).
2 – Pour aller plus loin, si un sourd souhaite écouter de la musique, il utilise ce qu’on appelle des inducteurs magnétiques.
Ils se branchent sur le bidule qui transmet de la musique (instruments électroniques, lecteur CD, MP3, ordinateur…) et se posent au niveau des oreilles, près des prothèses auditives, réglées en T.
Ils transmettent le son de la musique aux prothèses sans bruit parasite. A ce moment-là, le sourd peut mettre le volume de la musique à fond sans déranger les personnes qui l’entourent (attention ! Il ne faut pas croire que les sourds perçoivent la musique aussi bien que les valides, cela dépend des degrés de surdité. Plus la surdité est profonde, moins de fréquences ils perçoivent).
Ecouter de la musique à fond tout en vivant dans le silence, c’est possible.
Un morceau de zik jamaïcaine, ça vous dit ? Allez, c’est parti… Mais pour 5-10 minutes, pas plus. En effet, au-delà, j'ai la tête qui tourne, car ça devient répétitif et c'est très désagréable.
Alors ne venez pas me chauffer les oreilles en me recausant zizik, un truc dont je n'ai ABSOLUMENT pas besoin pour vivre normalement. Merci ! ;)
vendredi 20 juillet 2012
La surdité et l'implant cochléaire, vus par un devenu-sourd...
Pour une fois que ce n'est pas un sourd de naissance qui aborde le sujet...
Voici l'excellent article qui explique le point de vue d'un devenu-sourd sur la surdité et l'implant cochléaire : "Pourquoi les sourds veulent-ils rester sourds ?" (Rue89, publié le 9 juillet 2012).
Rien à ajouter, il résume parfaitement ma pensée :)
Voici l'excellent article qui explique le point de vue d'un devenu-sourd sur la surdité et l'implant cochléaire : "Pourquoi les sourds veulent-ils rester sourds ?" (Rue89, publié le 9 juillet 2012).
Rien à ajouter, il résume parfaitement ma pensée :)
samedi 23 juin 2012
Ma vie de sourde : les aléas de la lecture labiale
La lecture labiale, pour un sourd profond, n'est pas chose aisée - même lorsqu'il est appareillé -, c'est très connu.
Mais les valides (ou les entendants, de manière générale) pensent sys-té-ma-ti-que-ment que la lecture labiale résout tous les problèmes de communication, ce qui n'est pas forcément le cas.
Pour vous donner une idée de ce que représente la lecture labiale, essayez de lire les lignes dans le texte suivant :
Pour vous donner une idée de ce que les sourds peuvent ressentir quand on leur demande s'ils pratiquent la lecture labiale (qui apporte plus de confort à l'entendant et plus d'effort au sourd) :
Voilà pourquoi je suis souvent agacée lorsqu'on me demande si je parle, si j'oralise, si j'entends un peu, si je lis sur les lèvres, etc... et vous, savez-vous signer* un peu ?
Et toc ! ;)
*[MAJ] signer = pratiquer la Langue des Signes
Mais les valides (ou les entendants, de manière générale) pensent sys-té-ma-ti-que-ment que la lecture labiale résout tous les problèmes de communication, ce qui n'est pas forcément le cas.
Pour vous donner une idée de ce que représente la lecture labiale, essayez de lire les lignes dans le texte suivant :
Pour vous donner une idée de ce que les sourds peuvent ressentir quand on leur demande s'ils pratiquent la lecture labiale (qui apporte plus de confort à l'entendant et plus d'effort au sourd) :
Voilà pourquoi je suis souvent agacée lorsqu'on me demande si je parle, si j'oralise, si j'entends un peu, si je lis sur les lèvres, etc... et vous, savez-vous signer* un peu ?
Et toc ! ;)
*[MAJ] signer = pratiquer la Langue des Signes
lundi 21 mai 2012
Lettre ouverte aux "entendants" qui rejettent la LSF
Avertissement
Attention, cette lettre s’adresse aux entendants qui sont mal à l’aise avec les sourds qui pratiquent la LSF, qui les rejettent, qui font tout pour qu'ils leur ressemblent.
Attention, cette lettre s’adresse aux entendants qui sont mal à l’aise avec les sourds qui pratiquent la LSF, qui les rejettent, qui font tout pour qu'ils leur ressemblent.
Allez, c'est parti !
Qu’attendez-vous des sourds ? Dites-le sans tourner autour du pot, sans faire de vagues, sans les faire tourner en bourriques.
Quelques réponses plausibles...
samedi 5 mai 2012
Ma vie de sourde : les mots interdits...
En intégration "sauvage" dans une école primaire ordinaire.
J'apprenais les mots de la langue française grâce la lecture de livres mais aussi en lisant sur les lèvres de mon entourage en famille et à l'école. Du coup, j'ai utilisé les gros mots courants (merde, putain, fait chier) sur le tard, vers l'adolescence.
Un jour en CE1... je découvre un mot qui m'avait l'air sympa et que les camarades entendants répétaient de temps en temps. Je m'entraînais à bien le vocaliser, à le prononcer correctement. J'étais fière d'y arriver sans trop savoir ce qu'il voulait dire.
Le soir, c'était, comme tous les jours de la semaine, cours de soutien à l'institut des jeunes sourds. Cela consistait à revoir avec un prof spécialisé (farouchement orienté oralisme) les leçons apprises à l'école dans la journée et à faire les devoirs. Donc ce soir-là, je dis au prof que j'ai appris un mot assez utilisé chez les jeunes et que j'en étais fière. Il me demande de quel terme il s'agissait. Je lui réponds en choeur :
"Jemanfou" (= je m'en fous). Sisisi, c'était le mot en question.
Le prof n'était pas content. Ouille.
samedi 28 avril 2012
Le témoignage poignant d'une maman d'enfant sourd
"Vincent mon amour sourd"... Comme ça sonne bien ! Moi qui suis assez poète et romantique, je ne suis pas restée insensible à cette déclaration faite par une mère à son enfant sourd.
Je vous invite à lire son témoignage en tant que mère, son combat quotidien pour que son fils Vincent soit traité comme tout autre enfant, quelle que soient ses différences. J'en avais presque les larmes aux yeux quand elle a pu lui expliquer en LSF, malgré ses trois ans et demie, pourquoi sa grand-mère maternelle était partie.
Très beau.
Je vous invite à lire son témoignage en tant que mère, son combat quotidien pour que son fils Vincent soit traité comme tout autre enfant, quelle que soient ses différences. J'en avais presque les larmes aux yeux quand elle a pu lui expliquer en LSF, malgré ses trois ans et demie, pourquoi sa grand-mère maternelle était partie.
Très beau.
samedi 14 avril 2012
C'est grave, Docteur ? Chez un médecin spécialiste...
... dans un Pôle Santé et LSF
C’était un médecin spécialiste (soit-disant) sensibilisé à la surdité.
J’entre dans son cabinet, l'emplacement de son bureau n'est pas adapté aux personnes sourdes pratiquant la lecture labiale ou la LSF. Le siège du patient est tourné vers la fenêtre. Du coup, c’est moi qui ai la lumière dans les yeux, ce qui veut dire que le docteur est à contre-jour. Je change alors de place avec le siège pour mieux voir ses lèvres. Il s’énerve et me demande pourquoi je le fais. Je lui explique et il s’excuse.
Ce n'était pas la première fois que cela m'arrivait.
Lorsque je consulte un médecin qui ne s’y connaît presque rien à la surdité, il a souvent le réflexe de me proposer de me mettre là où ça m’arrange le mieux pour que la communication soit aisée dans les deux sens.
Le monde à l'envers... Sans commentaires.
Morale de l'histoire : mieux vaut se tourner vers les médecins non spécialisés dans la surdité !
C’était un médecin spécialiste (soit-disant) sensibilisé à la surdité.
J’entre dans son cabinet, l'emplacement de son bureau n'est pas adapté aux personnes sourdes pratiquant la lecture labiale ou la LSF. Le siège du patient est tourné vers la fenêtre. Du coup, c’est moi qui ai la lumière dans les yeux, ce qui veut dire que le docteur est à contre-jour. Je change alors de place avec le siège pour mieux voir ses lèvres. Il s’énerve et me demande pourquoi je le fais. Je lui explique et il s’excuse.
Ce n'était pas la première fois que cela m'arrivait.
Lorsque je consulte un médecin qui ne s’y connaît presque rien à la surdité, il a souvent le réflexe de me proposer de me mettre là où ça m’arrange le mieux pour que la communication soit aisée dans les deux sens.
Le monde à l'envers... Sans commentaires.
Morale de l'histoire : mieux vaut se tourner vers les médecins non spécialisés dans la surdité !
jeudi 5 avril 2012
Ma vie de sourde : la parole vs la LSF...
"Comme tu parles bien, ce n’est pas la peine que j’apprenne la LSF..."
C’est une phrase que j’ai entendue bon nombre de fois depuis que je suis entrée dans la vie adulte. Ce n’est pas très sympa, c’est même humiliant et irrespectueux. Je ne tolère pas que l’on me dise cela.
« Pipiiii, toilettes où ? », « Faim, manger quand quand ? », « Voiture Maman là toi rentrer à la maison. A demain ! »… ces phrases produites en LSF en maternelle avec l'instit ou mes camarades, je me les remémore de temps en temps. Après vinrent l’apprentissage de la lecture et l’oralisation, tout s’est enchaîné et je suis devenue rapidement bilingue.
Mais cela ne veut pas pour autant dire que je n’ai plus besoin de la LSF, elle reste ma langue première, sur laquelle je me suis construite (surtout à l’école), il est hors de question de l’occulter.
Nous, les sourds, nous faisons au quotidien des efforts pour communiquer avec les entendants (en famille, à l’école, au travail, en voyage…) en oralisant / lisant sur les lèvres plus ou moins bien. Ce n’est pas évident pour un sourd profond de naissance d’apprendre à parler. Il fait beaucoup d'efforts, il serait bon de lui rendre la pareille ;-).
La LSF est une magnifique langue, aussi belle et riche que la langue française, pourquoi la dénigrer tant ? Avec ses dimensions gestuelle, visuelle et tactile, elle ressemble à une musique ou une danse de mains, à une chorégraphie théâtrale. Rien à voir avec les langues orales.
Un conseil : entraînez-vous à dire en gestes lorsqu’il y a un sourd dans votre entourage s’il pratique cette langue :
« Toi effort parler et lire sur les lèvres, moi bases LSF apprendre. Comme ça, toi souffler un peu et moi effort un peu plus pour toi » et votre relation ne peut que s’améliorer… et devenir complice peut-être ?
C’est une phrase que j’ai entendue bon nombre de fois depuis que je suis entrée dans la vie adulte. Ce n’est pas très sympa, c’est même humiliant et irrespectueux. Je ne tolère pas que l’on me dise cela.
« Pipiiii, toilettes où ? », « Faim, manger quand quand ? », « Voiture Maman là toi rentrer à la maison. A demain ! »… ces phrases produites en LSF en maternelle avec l'instit ou mes camarades, je me les remémore de temps en temps. Après vinrent l’apprentissage de la lecture et l’oralisation, tout s’est enchaîné et je suis devenue rapidement bilingue.
Mais cela ne veut pas pour autant dire que je n’ai plus besoin de la LSF, elle reste ma langue première, sur laquelle je me suis construite (surtout à l’école), il est hors de question de l’occulter.
Nous, les sourds, nous faisons au quotidien des efforts pour communiquer avec les entendants (en famille, à l’école, au travail, en voyage…) en oralisant / lisant sur les lèvres plus ou moins bien. Ce n’est pas évident pour un sourd profond de naissance d’apprendre à parler. Il fait beaucoup d'efforts, il serait bon de lui rendre la pareille ;-).
La LSF est une magnifique langue, aussi belle et riche que la langue française, pourquoi la dénigrer tant ? Avec ses dimensions gestuelle, visuelle et tactile, elle ressemble à une musique ou une danse de mains, à une chorégraphie théâtrale. Rien à voir avec les langues orales.
Un conseil : entraînez-vous à dire en gestes lorsqu’il y a un sourd dans votre entourage s’il pratique cette langue :
« Toi effort parler et lire sur les lèvres, moi bases LSF apprendre. Comme ça, toi souffler un peu et moi effort un peu plus pour toi » et votre relation ne peut que s’améliorer… et devenir complice peut-être ?
Inscription à :
Articles (Atom)











